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Le blog du Collectif

Les armes à feu aux États-Unis : Un débat qui ne prendra jamais fin ?

March 9, 2018

 

Depuis le début de l’année 2018, dix-huit fusillades en milieu scolaire ont eu lieu aux États-Unis, soit près de trois fusillades par semaine. Même si ces dernières ont, dans certains cas, fait aucun blessé ou encore n’étaient pas intentionnelles, il n’en demeure pas moins que ces événements alarmants ont ébranlé de nombreux enfants et leur famille et ont installé un climat de peur et d’anxiété au sein de la population américaine quant à la sécurité des jeunes enfants au sein des établissements scolaires. D’ailleurs, la dernière tuerie scolaire qui est survenue à l’école secondaire Majory Stoneman Douglas à Parkland en Floride a fait renaître pour la énième fois le débat sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis. D’un côté, il y a ceux qui cherchent à interdire la possession de certaines armes à feu afin d’assurer les droits fondamentaux de la personne, soit les droits à la vie et à la sécurité, et, d’un autre côté, il y a ceux qui affirment que le problème ne se trouve pas dans le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis, mais plutôt dans le manque de contrôle administratif concernant l’achat et la circulation des armes à feu. Ainsi, à la lumière de ces débats, de nombreuses solutions, qui remettent en question les valeurs de la société et les limites entourant la restriction d’un droit individuel, ont été soulevées et analysées dans le but de trouver une conclusion à ce problème insoluble.

 

Avant d'exposer certaines des solutions qui ont été discutées lors de ces débats, il est primordial d'avoir une bonne compréhension de la situation actuelle aux États-Unis.

 

Depuis 1791, les  citoyens des États-Unis ont le droit de s’armer en vertu du deuxième second amendement de la Constitution américaine : Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé. Ce droit conféré aux citoyens avait dans le temps une importante signification, car elle permettait à la communauté de détenir des armes afin de créer une milice dans l’éventualité où le gouvernement fédéral décide un jour d’éliminer la partie de la population qui s’oppose à ses politiques et remet en question son pouvoir. Ainsi, accorder aux citoyens le droit de s’armer assurait à ces derniers un droit constant de défense contre l’État qui détient non seulement un pouvoir puissant, mais qui peut aussi à tout moment s’éloigner de son mandat et prendre des décisions dangereuses pour l’ensemble de la population. Aujourd’hui, la possession d’une arme aux États-Unis a inévitablement une importance historique en ce qui a trait à l'équilibre du pouvoir entre le peuple et l'État, mais elle est désormais aussi considérée comme un moyen d'autodéfense contre tout danger, peu importe si ce dernier provient de l'État ou de la population.

 

C’est donc en partant de ces faits qu’il importe d’analyser les trois principales solutions proposées pour contrer les fusillades en milieu scolaires, soit mieux contrôler l’achat et de la possession des armes à feu, ne plus appliquer la Gun-free School Zones Act (GFSZA) et interdire tout achat ou possession de certaines catégories d’armes à feu.  

 

La première solution qui consiste à mieux contrôler la circulation des armes à feu est défendue principalement par les individus qui sont d’avis que le problème des fusillades ne relève pas de la possession d’armes à feu en soi, mais plutôt de la facilité d’accès à ces dernières. Plusieurs proposent donc de resserrer les critères entourant la vente à un certain groupe de personnes et de mieux appliquer les critères de restriction selon les preuves données et l’authentification des informations demandées. Initialement, les individus ayant commis des infractions criminelles inscrites à leur dossier et ceux atteints de certaines maladies mentales font partie de la liste des personnes ne pouvant pas se procurer et, par extension, détenir des armes. Toutefois, le contrôle effectué à cet égard et, comme il a été possible de l’observer, est inefficace. Plusieurs personnes ont donc proposé d’augmenter l’âge légal pour acheter un fusil à 21 ans afin d’éviter que des armes se retrouvent entre des mauvaises mains. Toutefois, des études soulignent que l’âge moyen des tueurs de masse aux États-Unis est de 35 ans et, par conséquent, cette augmentation de l’âge légal vis-à-vis l’achat n’entraîneraient pas de changements notoires. D’ailleurs, il est évident que les groupes de personnes visées par les restrictions se procureront des armes par l’intermédiaire d’autrui. 

 

Ensuite, la deuxième solution proposée consiste à abolir la GFSZA qui est une loi sur le contrôle des armes à feu en milieu scolaire interdisant toutes armes à feu sur les territoires scolaires, peu importe si ces armes sont sous la possession d’un élève, d’un professeur ou encore de tout autre membre de l’établissement scolaire. Ainsi, même les gardes de sécurité dans les institutions scolaires ne sont pas armés, et ce, depuis l’adoption de GFSZA en 1990. Ainsi, Donald Trump, le président actuel des États-Unis, a proposé que la solution soit d’armer certains professeurs et de les entraîner à utiliser leur arme afin que, dans les moments d’urgence, ces enseignants soient en mesure de protéger les élèves et leur propre être. Cette solution a augmenté la colère de plusieurs personnes qui critiquaient non seulement la façon du président de régler des incidents de violence par la violence, mais aussi le fait que, dans des moments aussi tristes et difficiles pour la grande partie de la population en deuil, ce dernier n’hésitait pas à soutenir les priorités lobbyistes de la National Rifle Association (NRA) qui est une organisation défendant le second amendement et finançant une grande partie des projets politiques de la Nation, dont les élections des politiciens américains. En d’autres mots, Trump a été critiqué d’avoir proposé des solutions qui allaient avec les objectifs de la NRA et non les objectifs qui seraient le mieux pour protéger la population.

 

La troisième solution consiste à interdire l'achat et la possession d'armes militaires ou toute autre arme permettant de blesser ou tuer un important nombre de personnes en peu de temps. Cette solution violerait inévitablement le deuxième amendement de la Constitution, mais elle permettrait de retirer de la circulation toutes armes à feu qui faciliteraient des tueries de masse. Les personnes supportant cette solution défendent l'idée que le droit d'être armé est dangereux non seulement pour les individus de la société, mais aussi pour la personne elle-même, si on prend en compte les cas où de jeunes enfants ont ramené des armes qui se sont déclenchées par accident dans des écoles ou encore des jeunes qui ont retourné leur arme envers eux-mêmes. De plus, plusieurs supportent que le droit d’armée ait, depuis les dernières années, enlevé la vie à plusieurs personnes. Ainsi, depuis le triste évènement survenu à l’école élémentaire Sandy Hook en 2012, il y a eu près de 239 fusillades scolaires aux États-Unis dans lesquelles 438 individus ont été blessés et 138 individus ont été tués. Ces statistiques n’incluent que les incidents survenus en milieu scolaire. Ainsi, si à cela on ajoutait les données qui portent sur les autres tueries de masse ou encore les incidents privés survenus aux États-Unis depuis 2012, les résultats seraient encore plus choquants.

 

Finalement, qu’on prône l’idée de mieux contrôler la circulation d’armes à feu, celle d’abolir la GFSZA ou celle de bannir complètement certaines catégories d’armes à feu, il est indéniable que le débat entourant le deuxième amendement persistera encore longtemps. Non seulement il y a conflit de valeurs entre les deux camps, mais il y a aussi toute une stratégie politique derrière ce sujet hautement controversé en grande partie financée par la NRA. Ainsi, mise à part les questions entourant les conséquences d’autoriser le port d’arme à feu, cette situation soulève également de très bonnes questions quant à l’influence des lobbies dans la politique.

 

 

 

 

 

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